Journalistes, Nous avons besoin de vous.


Extrait :

« La question peut paraître brutale, iconoclaste, voire saugrenue. Pourtant, à juger la profusion de livres, d’articles, d’interviews annonçant avec une solennité mortuaire la fin de la presse classique, le citoyen peut légitimement se demander si l’ère jurassique des plumitifs reporters n’est pas bel et bien révolue. La technologie ne permet-elle pas en effet aujourd’hui d’appréhender en un clin d’oeil et en temps réel la globalité des événements qui agitent le monde quand elle ne transforme pas le lecteur lui-même en émetteur de ses propres informations ! Au rebut le kiosque à journaux où l’on se rendait pour découvrir les nouvelles de la planète dans les colonnes d’un grand quotidien du soir. Au rabais le rituel cathodique du JT de 20 heures qu’on regardait attentivement pour s’informer des soubresauts de ce monde. Il suffit désormais d’un clic sur son ordinateur, son smartphone ou sa tablette dernier cri pour disposer in extenso de l’actualité du jour, que dis-je de l’heure écoulée quand ce n’est pas de l’instant même ! Alors à quoi bon attendre la parution du journal ou la diffusion des flashs quand tout est accessible et partageable instantanément ? A-t-on encore réellement besoin des journalistes lorsque le chef économiste de Google, Hal Varian nous révèle1 en plus que 70 secondes est le temps moyen qu’un internaute consacre quotidiennement à la lecture des infos sur Internet !

Oui, la question mérite d’autant plus d’être posée qu’en parallèle de cette technologie galopante qui grille le plus réactif des reporters, les médias sont secoués par un vent mauvais de suspicion et de défiance à leur égard. A vouloir trop souvent s’imposer juge avant les juges, à préférer commenter et critiquer plutôt qu’éclairer et expliquer, à cultiver un laxisme gestionnaire quasi atavique, à force de jouer un obséquieux pas-de-deux avec les pouvoirs politiques et les puissances financières tout en invoquant la sacro-sainte éthique journalistique, ils ont eux-mêmes brouillé les fondamentaux de la profession et chamboulé autant son essence que sa raison d’être. Ils sont désormais débordés par des citoyens militants qui s’improvisent journalistes et entendent faire aussi bien sinon mieux que les titulaires patentés. »

Sources

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