The Beats – Anthologie graphique


Orchestré par Harvey Pekar, l’album The Beats retrace l’histoire de la beat génération à travers une vingtaine de courte bd. Dans ces récits en noir et blanc, on suit ainsi les acteurs principaux de ce mouvement artistique né aux Etats-Unis, et donc le style de vie – drogues, alcool, itinérance et liberté sexuelle – influencera toute la décennie 60.

Cet album original n’a pas pour ambition de retracer de manière exhaustive l’histoire des Beats. Même si des oeuvres majeures comme Sur la route de Kerouac ou The Owl de Ginsberg, y sont conceptualisées, les thématiques et les enjeux de cette littérature sont juste évoqués. Les différents chapitres montrent plutôt comment le groupe s’est constitué autour de quelques personnalités fortes, comme le fameux trio Kerouac/Ginsberg/Burroughs, qui apparaissent en tête de l’album. De petites bandes se forment de New York à San Francisco, mais les destins et les routes des artistes se croisent plutôt qu’ils ne fusionnent. L’étiquette « beat », littéralement crevé, ne sera en quelque sorte labélisée qu’en 1957 grâce à un journaliste sympathisant du journal de San Francisco . C’est lui qui popularisera pour la première fois le terme de Beatnik, bien que le mot ait été trouvé auparavant par Kerouac.

Les existences chaotiques, alternances de voyages, des petits boulots et de parutions qui sont des demi-succès des protagonistes en disent autant que leurs textes. Le lecteur passe de la figure de Burroughs et Vollmer cultivant de la marijuana à celle de Burroughs pratiquant le tourisme sexuel à Tanger, ou bien suit l’engagement de Kerouac dans la marine. Ces hommes d’exception se rencontrent, parfois couchent ensemble, forment des couples improbables, un peu plus tard se tirent dessus. Ils alternent les séjours en prison ou les cures d’hôpital entre deux tentatives d’écriture automatique. L’intérêt de ce livre est de nous faire découvrir certaines figures peu connues de la beat génération celles des femmes comme Diane de Prima par exemple : épouses talentueuses et libres, la femme de Cassady , ou bien Joan, la fille de Kerouac. Cette dernière aura bien du mal à se faire reconnaître et à avoir l’autorisation de publier sous son propre nom.

Une autre force de l’album est de ne pas mythifier outre mesure ces légendes de la beat. Les auteurs n’éludent ni les ravages auprès des proches, ni l’automythification de ces baroudeurs miséreux, pas plus que les dérives antisémites ou réactionnaires de certains acteurs du mouvement. Le collectif de dessinateurs et de scénaristes permet à chacun d’exprimer sa vision propre des Beats et ne se contente pas d’une hagiographie monolithique. Même si les dessins restent d’une facture relativement classique, ils sont efficaces et conviennent à la volonté didactique de cette BD qui donne avant tout envie de se replonger dans les oeuvres de ces explorateurs de l’extrême, les plus ou les moins connus comme Corso, Olson ou Whalen.

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